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Partie 10 du guide « Gérer une CPTS »

Durer

Créer une CPTS demande de l’énergie ; la faire durer demande de l’organisation. Les CPTS qui s’éteignent ne meurent presque jamais d’un seul coup : elles s’usent, et les signes se voient longtemps à l’avance.

Mis à jour le , sources officielles citées à la fin de chaque partie.

Guide offert par CPTShero, le logiciel de gestion des CPTS.

Chapitre 40

Les causes de mortalité des CPTS

Les trois risques majeurs, leurs signaux faibles et leur prévention
RisqueSignaux faiblesPrévention
L’épuisement du noyau porteurToujours les mêmes cinq personnes en réunion ; un président qui répond aux emails à minuit ; des postes d’administrateur vacants à l’assemblée générale.Déléguer à des référents de mission, indemniser le temps passé, limiter la durée des mandats, recruter un coordinateur avant d’être à bout.
Le départ du coordinateurTout passe par lui ; rien n’est écrit ; il est seul face à des sollicitations contradictoires ; pas d’entretien annuel.Une fiche de poste claire, un interlocuteur unique au bureau, des procédures écrites, des accès partagés, une rémunération et des perspectives réalistes.
La perte de financementMissions démarrées en retard, indicateurs non suivis, examen annuel préparé la veille, avances dépensées comme des recettes définitives.Un tableau de bord trimestriel, une réserve de trésorerie, un dialogue régulier avec l’ARS et la CPAM, et le réflexe de demander un avenant quand le contexte change.

Le contrat peut être résilié par la CPAM ou l’ARS si la CPTS ne respecte pas de manière manifeste ses termes (missions non mises en œuvre, par exemple) ou ne remplit plus les conditions pour en bénéficier. La résiliation prend effet deux mois après sa notification, délai pendant lequel la CPTS peut saisir la commission paritaire locale. Le risque financier le plus fréquent n’est pourtant pas la résiliation : c’est une part variable qui s’érode année après année faute de résultats démontrés.

Les autres causes à surveiller

  • Le conflit entre professions ou entre structures : une profession qui se sent instrumentalisée, une MSP qui voit la CPTS comme une concurrente. À traiter tôt, en bureau, avec un tiers si nécessaire.
  • La CPTS « coquille » : des missions sur le papier, un site jamais mis à jour, une assemblée générale sans quorum. L’ARS et la CPAM le voient, les professionnels aussi.
  • L’isolement : une CPTS sans partenaires hospitaliers, médico-sociaux ou élus se retrouve seule le jour où elle a besoin d’eux.
  • La dépendance à une seule personne : un président fondateur qui ne passe jamais la main, un médecin qui porte seul une mission.
Chapitre 41

Renouveler l’équipe et transmettre

Une CPTS qui dure est une CPTS dont le fonctionnement ne dépend d’aucune personne en particulier. Cela se prépare dès les statuts et se cultive chaque année.

  • Des mandats limités et décalés : renouveler le conseil par moitié, par exemple, évite de tout changer en même temps.
  • Des binômes : chaque fonction clé (présidence, trésorerie, référent de mission) a un suppléant qui suit les dossiers et peut prendre le relais.
  • Des portes d’entrée : un professionnel qui a participé à un groupe de travail devient référent, puis administrateur. Repérez les relais dans les groupes.
  • Une assemblée générale qui donne envie : bilan court, témoignages, un temps convivial, et un appel explicite aux candidatures, préparé à l’avance.

Le classeur de la CPTS

Tout ce qu’un nouveau président ou un nouveau coordinateur doit trouver le premier jour, rangé à un seul endroit partagé, à jour et accessible à au moins deux personnes du bureau.

  • Statuts, règlement intérieur, récépissés de déclaration en préfecture, composition du conseil et du bureau.
  • Projet de santé validé, contrat ACI et ses avenants, comptes rendus des examens annuels.
  • Conventions de partenariat, protocoles de parcours, plan de réponse aux crises sanitaires.
  • Comptes annuels, budget en cours, règles d’indemnisation votées, contrats de travail et fiches de poste.
  • Liste des outils, des accès et de leurs administrateurs (site, logiciel, banque, messagerie, nom de domaine).
  • Tableau de bord, rapports d’activité des années précédentes, calendrier des échéances.
  • Annuaire des interlocuteurs : ARS, CPAM, établissements, élus, partenaires.

Réussir l’arrivée d’un nouveau coordinateur

Un parcours d’intégration en trois temps
PériodeObjectifConcrètement
Premier moisComprendreLecture du classeur, rencontre de chaque administrateur et référent, présentation à l’ARS et à la CPAM, visite des partenaires principaux, tuilage avec le prédécesseur si possible.
Deuxième moisPrendre en mainReprise du tableau de bord, préparation d’une première réunion de bureau, mise à jour des outils et des accès.
Troisième moisProposerUn point d’étape avec le président : ce qui marche, ce qui bloque, trois priorités pour les six mois suivants.
Chapitre 42

Faire évoluer le projet de santé

Le projet de santé n’est pas un document de création que l’on range ensuite. Le territoire change (installations, départs, ouverture ou fermeture d’un service), les besoins aussi, et la loi élargit le champ des CPTS : depuis la loi du 27 décembre 2023, des acteurs de la santé scolaire et de la santé au travail peuvent les rejoindre.

Quand revoir le projet de santé
DéclencheurCe qu’il faut faire
Une nouvelle mission (optionnelle, ou nouveau parcours)Compléter le projet de santé, puis conclure un avenant au contrat ACI.
Un changement de taille (population couverte)Mettre à jour le périmètre et demander l’adaptation du financement par avenant.
Un changement du territoire (communes ajoutées ou retirées)Se concerter avec les CPTS voisines et l’ARS avant toute modification.
L’approche de la fin du contrat (cinq ans)Refaire un diagnostic, faire le bilan des missions et préparer les objectifs du contrat suivant.
Une évolution du cadre nationalSuivre les négociations conventionnelles et adapter les missions et les indicateurs.
  1. Actualiser le diagnostic avec les données récentes de l’Assurance maladie et de l’ARS, et les remontées des groupes de travail.
  2. Consulter les membres : un questionnaire court et un temps d’échange en assemblée générale.
  3. Réécrire les fiches actions concernées, en gardant la structure d’origine pour faciliter la lecture.
  4. Faire voter le projet modifié par les instances prévues par les statuts.
  5. Transmettre à l’ARS, comme le projet initial, et engager avec la CPAM l’avenant au contrat si les missions ou la taille changent.

Sources

Textes et montants vérifiés à la date de mise à jour du guide. Les règles évoluent : vérifiez la version en vigueur avant toute décision.

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Les dix parties et les annexes (trames de statuts, de projet de santé, de fiche de poste et de convention, calendrier de la première année, glossaire) dans un seul PDF, mis en page pour l’impression et le partage avec votre bureau.

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